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Deux brillantes journalistes fantasment sur un fascisme lepéniste

Les élections françaises font couler beaucoup d’encre. Bien que la majorité des Suisses s’en contrefoutent, leur impact n’en est pas moins conséquent sur l’Europe, et donc sur la Suisse. Deux grandes intellectuelles du journal Le Courrier nous font part de leurs craintes concernant une éventuelle élection de Marine Le Pen.

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Choisir entre la peste et le choléra, ne reste-t-il que ça à l’électorat de gauche? Le débat de l’entre-deux tours rassemblant un président en exercice arrogant et une candidate d’extrême droite vociférant son islamophobie, tous deux chantres du capitalisme, a certainement renforcé les camps du vote blanc et de l’abstention. Les apparences reflètent les efforts d’une extrême droite qui a joué la carte de la dédiabolisation. Elle n’en est pas pour autant devenue fréquentable. Laisser Marine Le Pen accéder à la présidence, c’est ouvrir la voie à un parti fasciste, qui s’empressera d’étendre son emprise sur l’ensemble de l’administration, démantèlera la justice et s’attaquera à toute forme d’opposition. Un regard du côté de la Russie de Poutine ou de la Hongrie d’Orban, inspirations dont la candidate du Rassemblement national ne se cache pas, fait frémir. Le premier se rend coupable de crimes de guerre. Au tableau de chasse du second: réforme de la Constitution pour donner les pleins pouvoirs au parti majoritaire, stigmatisation des minorités, mainmise sur les médias. Un verrouillage qui n’a laissé aucune chance à l’alternative lors des dernières législatives.

Beaucoup de confusion règne dans ce premier paragraphe. Premièrement, si le curseur de l’extrême-droite est placé au niveau de Marine Le Pen, qu’en est-il d’un candidat plus radical comme Eric Zemmour? Qu’y a-t-il au-delà de l’échiquier politique? Tombons-nous dans les limbes?

Il est vrai que Marine ne prône pas un modèle communiste, mais de là à l’assimiler à un capitalisme tel que celui défendu par le Mozart de la finance Macron, c’est de la malhonnêteté intellectuelle. Mais les hallucinations ne s’arrêtent pas là. Le Rassemblement National serait un parti fasciste. Aussitôt au pouvoir, des brassards rouges orneraient les uniformes de milices brutales et sanguinaires, bras tendus en direction de la femme à chat érigée en dictatrice par le peuple, trompé dans sa volonté de remettre un peu d’ordre dans ce pays qui devient, jour après jour, une poubelle du tiers-monde qui déborde chez nous.

Le vrai visage du fascisme

Le plus absurde, c’est quand elles citent des exemples de fascismes contemporains. Sans revenir sur le cas de la Russie qui serait la seule coupable de crimes de guerre (les démocraties étant trop pures pour en commettre), le fait de citer Orban est emblématique de la haine qu’elles peuvent éprouver pour le peuple lorsque celui-ci décide de maintenir au pouvoir un dirigeant qui se bat contre les forces globalistes qui cherchent à transformer la Hongrie en une France bis. Pour ces gauchistes attardées, interdire la propagande anale dans les écoles s’apparente à de la stigmatisation, et donc à du fascisme.

On rigole concernant la «mainmise sur les médias». Qu’en est-il de notre paysage médiatique, dans lequel tous les acteurs adoptent un point de vue identique? C’est d’ailleurs la raison pour laquelle La Hallebarde a vu le jour. Si l’alternative politique s’est faite pulvériser en Hongrie, c’est simplement parce que le peuple hongrois reconnaît le travail bénéfique d’Orban pour le pays et sa volonté de poursuivre dans cette direction.

En cas de victoire de Marine Le Pen dimanche, rien n’indique que la France fera mieux. En 2017 déjà, la candidate ne cachait pas que si elle devait être élue, et si le résultat des législatives suivantes ne devait pas lui convenir, elle dissoudrait l’Assemblée et changerait le mode de scrutin, octroyant une prime de 30% au premier parti. Soit une majorité d’office. Elle promet un référendum d’initiative citoyenne? Une aubaine, l’onction du peuple pour finir de discréditer toute opposition. La France connaîtra davantage de violences: envers les personnes de confessions musulmanes, les femmes, les immigré·es, les minorités sexuelles. La violence d’Etat d’une police adoubée, et celle plus insidieuse d’un fascisme décomplexé.

Vous fallait-il une preuve supplémentaire de leur déni de démocratie lorsque la décision du peuple ne va pas dans le sens du globalisme remplaciste qu’elles adulent? À les lire, on croirait presque qu’actuellement, la France serait le théâtre de hordes de franchouillards saucisson-pinard attaquant en meute à coups de croissant et de baguette de pauvres musulmans terrorisés, forçant les femmes à cuisiner sous peine d’être battues, balançant les immigrés à la mer et coursant des trans affolées dans les bois de Boulogne pour les torturer à mort.

Fascisme ultra hardcore

L’alternative Macron est tout sauf réjouissante. Elle résonne avec répression des mouvements contestataires, politique d’asile durcie, incapacité de porter un projet social et écologique. Mais elle ne réduit pas en cendres l’appareil d’Etat. L’existence d’une opposition à l’Assemblée, et surtout dans la rue, reste possible. C’est là que la résistance devra continuer à s’exercer, et ce serait jouer avec le feu que de croire que l’élection de Marine Le Pen la renforcera. Mais que Macron se tienne prêt: un bulletin de vote à son nom n’a rien d’un blanc-seing.

Là encore, on nage en plein délire. Macron, par le biais du porte-parole du gouvernement Gabriel Attal, a déjà annoncé une redéfinition du contrat social par la devise autoritaire «les devoirs avant les droits», un changement radical de paradigme qui ferait de ce pays un enfer encore pire qu’il ne l’est aujourd’hui. Mais ce système n’est pas fasciste, il s’appelle anarcho-tyrannie et peut être résumé ainsi: «fort avec les faibles, faible avec les forts.» Oui, la contestation dans la rue restera possible, si tant est que l’on accepte d’être tabassé par les flics, éborgné par un tir de LBD ou amputé d’une main par une grenade perdue.

Heureusement que leur article a été écrit à quatre mains. Deux têtes aussi bien remplies se devaient de nous éclairer de leurs lumières sur le danger fasciste qui guette la France par une femme qui propose d’établir le référendum d’initiative citoyenne (RIC) que nous connaissons en Suisse sous le nom «d’initiative populaire». Nous sommes donc, en Suisse, dans un régime fasciste. Merci à ces formidables journalistes politiques de nous avoir ouvert les yeux sur la dictature masquée dans laquelle nous vivons quotidiennement.

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