NÈGRE. Voilà donc un mot qu’on lit de plus en plus rarement. Cela fait presque bizarre en l’écrivant.

20min.ch

Le changement de nom de la fameuse gourmandise «tête de nègres» en «tête en choco» («Schokokuss» au lieu de «Mohrenkopf» en allemand) l’avait énervée. Alors quand elle a pris connaissance de la polémique sur l’appropriation culturelle reprochée aux rastas blancs, l’auteure Joyce Küng, contributrice au magazine «Weltwoche» et elle-même noire, a décidé de réagir.

Evidemment que c’est énervant. Qui avait en tête la traite d’esclaves et les champs de coton lorsqu’on mangeait une bonne tête de NÈGRE ? Moi aussi je veux le retour des têtes de NÈGRES. En plus, ça sonne tellement mieux que «têtes au choco».

Elle a créé un T-shirt reprenant le logo de la Migros en changeant le nom en «Nigros», remplaçant le «o» par une tête au choco et qu’elle a décidé de proposer à la vente. Elle veut relancer le débat sur la présence de symboles renvoyant à un passé raciste. Bien qu’elle comprenne les motivations de la coopérative quand elle a rebaptisé son produit en 2020 dans la dernière filiale qui le vendait encore sous son nom original, elle juge toutefois la démarche contre-productive. «Migros contribue à ce que l’histoire d’une minorité tombe dans l’oubli», juge-t-elle auprès de nos collègues de «20 Minuten». 

Je soutiens cette initiative à 200%. Migros cherche à cancel l’histoire des noirs par le bannissement du terme NÈGRE. C’est tout bonnement scandaleux. J’ai d’ores et déjà commandé mon T-shirt «Nigros» et j’encourage vivement tous nos lecteurs à en faire de même, en soutien à cette brave femme et son combat pour que NÈGRE refasse son apparition dans les rayons de Migros.

Le digne remplaçant de l’uniforme Hugo Boss

Migros n’a pas du tout apprécié et n’a pas voulu commenter le cas. Or, on sait que l’entreprise, via son service juridique, a demandé à Joyce Küng de cesser son action. Il lui est reproché de violer les droits d’auteur, de marque, et de porter atteinte à la réputation de Migros. «Les clients et clientes pourraient croire à tort qu’il existe une relation commerciale entre ce mouvement et le groupe Migros», est-il écrit dans le courrier. Selon un spécialiste du droit des marques interrogé sur le cas, Migros pourrait bien obtenir gain de cause. 

Joyce Küng, elle, dit ne pas vouloir mettre fin à son action. Au besoin, elle modifiera le graphisme de son T-shirt pour le mettre en conformité avec la loi.

À cet instant, les effluves nauséabondes que dégagent les torrents de sueur de la direction de Migros n’ont rien à envier aux odeurs de transpiration réputées pestilentielles de certaines personnes. C’est assez drôle de voir comment la vertu ostentatoire peut se retourner à tout instant contre les acteurs du grand capital qui suivent les derniers dogmes de l’idéologie dominante.

Le devoir de mémoire est une notion qui m’est étrangère lorsqu’elle cherche à me faire culpabiliser pour des actes que mes ancêtres n’ont jamais commis. En revanche, je souscris totalement lorsqu’il s’agit de faire vivre notre belle langue française et permettre l’utilisation du mot NÈGRE sans que cela sous-entende une quelconque forme de haine à l’égard d’Africains subsahariens.

NÈGRE.